La Fin de la vie

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La fin de la vie, le début de la mort.

Depuis plusieurs années j’accompagne les personnes jusqu’à la mort.

Le massage, le silence, les sons me guident dans cette pratique qui m’est aussi naturelle que donner la vie.

J’attache beaucoup d’importance à cet aspect de mon travail car il me semble juste de prendre du temps à cet instant de la vie surtout dans notre monde où l’idée de la mort reste tabou , repoussante et jamais bienvenue.

« J’ai souvent remarqué aussi que les malades graves éprouvent un grand désir d’être touchés, d’être traités comme des personnes à part entière et non comme des individus en mauvaise santé.[M. G.1]   Vous pouvez leur procurer beaucoup de réconfort en leur prenant simplement la main, en les regardant dans les yeux, en les massant doucement, en les tenants dans vos bras ou bien en respirant doucement au même rythme qu’elles. Le corps a sa manière propre d’exprimer l’amour.  Utilisez sans craintes son langage : vous apporterez aux mourants apaisement et réconfort.1

1- SOGYAL RINPOCHE. Le Livre Tibétain de la vie et de la mort, p. 236.

Une phrase est née de nos discussions préparatoires : « Les mains du massothérapeute avec un toucher respectueux, n’imposent pas des manœuvres,  mais elles reçoivent le corps, écoutent la vie, rencontrent l’autre. » Il s’agit, au-delà des techniques manuelles que nous possédons dans nos coffres à outils, d’un toucher précieux, attentif à l’autre, d’un désir de rencontrer et de prendre soin qui donne un sens au geste de massage.  Il ne peut s’agir que d’un acte accompli avec une présence et une  disponibilité  à l’autre et à soi-même. Dans un tel contexte, il est toujours un geste lent, très doux supportant, rassurant et fluide.

De plus, le toucher est un outil de communication à privilégier en fin de vie. Car il arrive un moment où la communication verbale devient difficile, impossible ou même superflue.  Et même parfois, si la rencontre se produit dans les tous derniers instants de la vie, à la demande du personnel ou de la famille, à un moment où déjà la personne n’est plus en mesure de communiquer son assentiment verbal, alors même parfois dans ces conditions, notre toucher peut faire une différence.  Par ce toucher respectueux, par l’observation du langage corporel et par le contact verbal et corporel du massothérapeute qui calme et rassure, on a vu changer l’attitude corporelle d’un mourant en souffrance, par des membres qui se décontractent et la respiration qui s’apaise, permettant ainsi  un meilleur confort dans les derniers instants.